Open data, un moteur de développement durable ?

Le récent grand débat national en France a soulevé beaucoup de questionnements. Ce nuage de mots-clés publié sur la plateforme interministérielle en ligne de données publiques (data.gouv.fr, 2011) restitue l’ensemble des contributions apportées au débat par les citoyens et élus. La thématique de la transition écologique y est particulièrement bien représentée.

 

Les modèles ouverts de données sont-ils utiles à la transition écologique ? [1]

D’après la Fing (Fondation Internet Nouvelle Génération), “l’ouverture” est l’un des 7 grands leviers numériques de transformation systémique au service d’une transition écologique. Cette « fabrique d’idées », créée en 2000, réunit grandes entreprises, start-ups, laboratoires de recherche, universités, collectivités territoriales …etc. Elle promeut ainsi à différents niveaux les nouveaux usages des données notamment au service de l’environnement.

Avec la FING, nous pouvons nous interroger sur comment l’écologie, alliée à la technologie, peut-elle créer des opportunités comme celles portées par les modèles ouverts de données reconnus comme stimulateurs d’innovation ?

Car, si au 18ème siècle, la science et la nature étaient conciliées avec optimisme, par la suite la technologie fut considérée comme destructrice de l’environnement. Les courants écologistes sont traditionnellement méfiants de la technologie.

Cependant, des spécialistes de l’environnement croient encore en la réconciliation. Le « Rapport Brudtland [2] » par exemple prône une solution technologique aux problèmes économiques et environnementaux.

Ainsi, les données environnementales représentent des sources massives d’informations hétérogènes collectées à analyser pour être transformées en connaissances. Partager ces données contribue à la création de connaissances. Si le numérique permet de les diffuser, c’est le mouvement Open Data qui a permis de les libérer.

Quelles sont les spécificités des données environnementales et les enjeux liés à leur partage et réutilisations ?
Et finalement, la libération de ces données portées par la transition numérique, pourtant qualifiées de sensibles, peut-elle avoir un effet environnemental positif et favoriser la transition écologique ?

SGAR Occitanie – http://www.opendatalab.fr

La région Occitanie libère ses données en 2018 en ouvrant son portail open data. Elle donne accès à 38 jeux de données sur le développement durable comme des mesures de pollution, indices qualité de l’air ou cartes des bornes de recharge électrique, des parcs éoliens…

Selon le Portail européen de données [3], l’usage des données ouvertes a un impact estimé de 48% sur l’environnement. Comment expliquer que l’impact des données environnementales soit plus important que l’impact des données économiques ?

Différents impacts des données ouvertes sur
Source : https://www.europeandataportal.eu/fr/dashboard#2018

Tout d’abord, pour éclaircir cette question, qu’est-ce qu’une donnée ouverte ?
Littéralement, une donnée ouverte est une donnée accessible et exploitable par des tiers. Plus globalement, l’expression Open data désigne un engagement en faveur de l’ouverture (ou du partage sur Internet) des données publiques. Ces données concernent les informations produites ou reçues par une administration traitables automatiquement et donc en principe réutilisables.

 

Notes

[1] Titre emprunté à Renaud Francou : Membre Fing depuis 2003, chargé de projets sur le numérique au service de la transition écologique : http://www.transitions2.net/catalogue/view/2135/defi-11-les-%E2%80%9Cmodeles-ouverts%E2%80%9D-au-service-de-la-transformation-ecologique

[2] Rapport Brudtland : World Commission on Environment and Development, Our Common Future, Oxford University Press, 1987

[3] Source Portail européen des données : https://www.europeandataportal.eu/fr/dashboard#2018