Big Data et gouvernance des données (approche simple et non technique)

Croissance (Source : Pixabay CC0)
Croissance (Source : Pixabay CC0)

Vous lisez le titre et vous froncez les sourcils ? Vous ne comprenez aucun des concepts énoncés ? Alors cet article est pour vous. Vous êtes un expert ? Gardez l’article sous le coude pour être capable d’illustrer simplement ce sujet à vos collègues ou autres.
Essayons ensemble de rapprocher ces notions de notre « connu », des situations du quotidien, de VOTRE quotidien, quel que soit votre profil.

Le Big Data : c’est quoi alors exactement ?

Ce concept, apparu en 1997, signifie « Gros volume de données » ou « Big bang de l’information stockée » [1]. Il est souvent lié aux solutions informatiques de traitement et de stockage de données, d’où ce ressenti de « trop technique pour moi ! ».

Mais ce que tout le monde n’a pas intégré, c’est que notre vie de tous les jours est centrée et est guidée par ces mêmes données. Et oui ! Aujourd’hui « notre vie se transforme en données »[2] Nous sommes les émetteurs des données Big Data.

Prenons l’exemple d’une journée classique

Vous vous levez le matin et en prenant votre petit déjeuner vous consultez vos sms et mails. Tiens ! une alerte ! c’est l’anniversaire d’un de vos amis aujourd’hui. Vous vous notez de l’appeler dans la journée.

Vous consultez vos mails et vous pestez contre toutes les publicités reçues qui inondent votre messagerie. Vous faites le vide. Et, ah non ! tiens ! sympa cette photo de runnings. Vous cliquez sur le lien pour aller voir les détails de l’offre.

Vous partez au bureau et vous connectez à nouveau à votre messagerie professionnelle. Le même exercice se répète. Vous avez reçu des offres de formation ou de prestation conseil pour vous accompagner dans vos métiers, noyées dans votre flux de veille et les mails de vos collègues.

Vous partez courir à votre pause déjeuner avec un de vos collègues. Vous activez votre montre cardio qui vous indique votre rythme cardiaque, votre temps chrono, votre distance parcourue et les calories dépensées, informations qui s’enregistrent dans votre historique des sorties.

L’après-midi vous partez en déplacement et activez votre GPS qui vous conseille le meilleur itinéraire en fonction du trafic du jour. Vous prenez l’autoroute et vous voyez votre plaque d’immatriculation s’afficher sur un écran, vous indiquant de ralentir car vous êtes au-dessus des vitesses autorisées.

Le soir, vous vous connectez sur votre application musicale pour vous détendre. Cette dernière vous propose de nouvelles sorties d’albums, qui sont dans vos goûts habituels.

Vous vous connectez sur votre page Facebook et le site vous propose des lectures dans vos goûts, de nouveaux jeux à découvrir. Il vous incite à découvrir de nouvelles pages thématiques.

Mais comment est-ce possible ?

Il suffit d’entrer dans les coulisses de tous ces objets du quotidien dont nous sommes devenus dépendants : les smartphones, les ordinateurs, les tablettes, les montres connectées, les GPS, etc…, et toutes leurs applications.

Le Big Data « nous observe, essaie de comprendre notre façon de vivre, nos habitudes. »[3]  [4]

Il étudie tous nos actes « connectés » du quotidien, quels que soient les supports : nos navigations, nos comportements sur les réseaux sociaux, nos lectures pour anticiper nos comportements futurs. Nos objets de tous les jours deviennent une extension de notre vie physique ; d’où la notion d’IoT : Internet of Things, l’Internet des Objets. [5]

Toutes les informations, les recherches, les achats en ligne, les jeux, les pages consultées, nos profils sociaux complétés, les échanges sur nos « murs » se transforment en datas et viennent s’agglomérer à notre fameux « Big Data ».

En effet, toutes nos données générées sont regroupées, entassées, stockées dans des bases de données, des datacenters « dans les nuages ». Le stockage dans le cloud nous permet, de plus, un accès à nos informations quel que soit le support. [6]

Ce flux d’informations lié à un individu, cumulé à celui de tout internaute, utilisateur connecté, organisations, entreprises, génèrent, tous les deux ans, dans le monde, autant de données que depuis le début de l’humanité. En 2020, seront décomptés « 50 milliards d’objets connectés capables de générer et d’échanger des données » (source data-business.fr). En 2014, ce nombre était de 12 milliards…

Le Big Data : quelles opportunités et pour qui ?

Nous venons de voir que tous nos flux de navigations et toutes nos traces numériques, qu’elles soient personnelles ou professionnelles, sont stockées. Mais qui les exploitent ? Et à quelle fin ?

Cette marée noire informationnelle est valorisée et qualifiée de « nouvel or noir » [7] dans de nombreux secteurs d’activités qui ont vite compris les opportunités liées à cette masse d’informations : marketing, énergies, recherche et développement, formation, politique, sites de rencontres, etc… d’autant plus que nous libérons toutes ces données GRATUITEMENT.

Ces données sont exploitées dans des « calculateurs », qui, par des algorithmes informatiques, font parler nos traces numériques. Ces machines analysent la répétition de certaines recherches, les mots récurrents dans nos écrits, nos « likes » sur les réseaux sociaux personnels et professionnels, les blogs et définissent notre profil. Ce profilage nourrit les industries ci-dessous.

Le Marketing

L’analyse de nos informations personnelles stockées dans les bases de données : nos achats en magasin, en ligne, nos navigations, nos « like » sur les réseaux sociaux donne aux industries Marketing une connaissance plus approfondie du client.

Le profil déterminé par le calculateur va permettre aux industries e-commerce de cibler les annonces et les mails que nous recevrons à notre prochaine connexion et tenter de nous influencer pour un prochain achat.

Les contrats d’assurance

L’analyse de nos usages « transport » génère des profils type et donc détermine des contrats type avec des systèmes de bonus-malus plus appropriés à chaque assuré et ses bonnes ou mauvaises pratiques…

  • La maison intelligente : l’analyse de nos pratiques au quotidien donne aux assureurs l’opportunité de mieux cerner nos comportements et de créer différents profils de contrats d’assurances. Les capteurs positionnés dans la maison leur indiquent nos habitudes (bonnes ou mauvaises) quotidiennes, ce qui leur permet de faire des préconisations et d’ajuster leur offre aux pratiques.
  • Santé : certains assureurs pensent même inclure des capteurs de type bracelets connectés pour inciter à une meilleure hygiène de vie et tenter d’offrir « une planche de salut pour notre système de santé à bout de souffle »[8]. Les données collectées permettraient aux organismes de santé d’identifier des risques potentiels par rapport à nos routines alimentaires et loisirs, dans un objectif de prévention.

La Politique

Dans ce secteur, par exemple, l’analyse des comportements des indécis en situation d’élections est essentielle aux candidats et leurs équipes pour identifier les freins et déterminer et affiner les arguments pour faire pencher la balance.

Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive mais chacun se retrouvera dans les exemples cités pour une meilleure compréhension du sujet !

 

NOTES-——————————————————

[1] C’est quoi le Big Data ? https://www.youtube.com/watch?v=UwAENZ3-up8 31 mars 2017

[2]  http://bfmbusiness.bfmtv.com/01-business-forum/le-big-data-pour-les-nuls-621028.html

[3] http://bfmbusiness.bfmtv.com/01-business-forum/le-big-data-pour-les-nuls-621028.html

[4] Big data : données, données, donnez-moi ! #DATAGUEULE 15, https://www.youtube.com/watch?v=5otaBKsz7k4, 15 novembre 2014, page consultée le 30 mai 2017

[5] Internet of Things : extension d’Internet à des objets ou à des lieux (montres connectées, Transport, GPS, etc)

[6] Big Data c’est quoi ?, https://www.youtube.com/watch?v=a5KXurVhu4Y , 3 avril 2014

[7] CONFERENCE : « LE BIG DATA POUR/PAR LES NULS », HUPI – CCI Bayonne – 26 Octobre 2016, http://www.bayonne.cci.fr/js/libs/tiny_mce/plugins/filemanager/files/Presentation-Hupi-Bigdata-26-oct-2016.pdf

[8] Pourquoi les objets connectés font rêver les compagnies d’assurances, Les Echos, le 3 mars 2015, lien : https://www.lesechos.fr/03/03/2015/LesEchos/21889-042-ECH_pourquoi-les-objets-connectes-font-rever-les-compagnies-d-assurances.htm#vYIwiY2qcS9OerVX.99

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